20,6%


    C’est un simple chiffre, une statistique de plus, mais qui en dit beaucoup sur l’état de dégradation de la santé au travail.
    20,6 % : c’est la proportion que représente les troubles psychosociaux et les troubles du comportement parmi les problèmes de santé au travail observés en 2013 et 2014 dans les centres de consultations de pathologies professionnelles.

    Le rapport d’activité 2013-2014 du réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P), dont l’Agence national de sécurité sanitaire (Anses) assure le pilotage fournit ce chiffre.
    Les RPS, sont suivis par les troubles musculo-squelettiques (14,9%) et les pathologies cancéreuses (14,6%).

    Le réseau RNV3P, qui regroupe 32 centres de consultations de pathologies professionnelles (CCPP) et 10 services de santé au travail, a pu repérer les situations professionnelles à risque sanitaire, les étiologies nouvelles et les risques émergents, en vue d’améliorer et harmoniser les pratiques de diagnostic des pathologies liées au travail.

    Les RPS en tête
    Les « troubles d’adaptation aux risques psychosociaux et les troubles mentaux et du comportement » - pour reprendre la dénomination de la classification internationale des maladies, constituent aujourd’hui le premier motif de consultation (21 %), et sont suivis par les « maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif » (14,7 %).

    Les facteurs de risque organisationnels
    Toujours selon le rapport d’activité, les consultations ont fortement augmenté depuis 2001, passant de 16 419 à 27 692 en 2014. Et dans les services de santé au travail du réseau, l’ordre des motifs de consultation est inversé : les pathologies du système ostéo-articulaire arrivent devant les troubles d’adaptation aux RPS (respectivement 40,5 % en 2014 et 34,2%). Ces maladies liées à des facteurs de risque organisationnels sont donc bien celles qui provoquent le plus de visites médicales du travail et dans des centres spécialisés.

    Des secteurs plus touchés que d’autres
    Les statistiques de tendance faites sur la base des données du réseau montrent l’augmentation de des RPS dans l’agriculture, le secteur des télécommunications, la santé et l’action sociale, la finance et l’assurance. Ces constatations devraient orienter la politique de prévention dans ces secteurs d’activité.

    7 orientations pour le 3ème plan de santé
    Le 3° plan santé au travail devra traduire un changement profond par rapport aux plans précédents et énoncera 7 axes d’orientation :

    • Accorder la primauté à la prévention, c’est-à-dire avant la réparation, et en privilégiant une approche positive du travail.
    • Prévenir la désinsertion professionnelle (PDP) / maintien en emploi. Cette problématique illustre l’approche positive du travail en tant que ressource avérée : facteur d’insertion professionnelle et sociale
    • Faire de la qualité de vie au travail (QVT) un objet stratégique, et à en favoriser la mise en œuvre, à accompagner les entreprises dans leur démarche QVT. Il s’agit de valoriser et diffuser les expérimentations issues du dialogue social de bonnes pratiques reliant performance économique et sociale.
    • L’ambition de renouveler l’approche préventive s’incarne par l’option de ne prioriser qu’un nombre limité de risques dont la portée est lourde, et en y intégrant le changement d’approche :
      - la prévention des chutes de hauteur et de plain-pied.
      - la réduction de l’exposition des salariés aux produits classés CMR.
      - la prévention des risques psycho-sociaux.
    • Pointer au titre de risque émergent, l’exposition aux produits nano-technologiques, sur lequel il faut travailler avec les organismes de recherche.
    • Rassembler et à mettre en perspective les données de santé au travail. Au service de l’action de prévention, il s’agit sur la durée du PST3 d’ouvrir et de conduire le chantier d’intégration des données sur la santé au travail.
    • La dernière orientation vise à structurer en système d’acteurs, en améliorant la complémentarité opérationnelle entre la multitude de ceux qui concourent à la santé au travail. Il s’agit
      - d’une part de renforcer le système, en favorisant l’organisation collective pour le développement de la prévention par une approche positive de l’entreprise et du dialogue social
      - et d’autre part, tant au plan national que régional, de piloter et animer la mise en œuvre de la politique de santé au travail.

    Ce qui nécessite tout d’abord de produire et diffuser des repères méthodologiques pour les PRST.
    Ce que nous attendons tous de pied ferme !

    A consulter pour en savoir plus :
    https://www.anses.fr/fr/system/files/RNV3P-RappDAC20132014.pdf
    http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/lettreCOCT_n16janvier2015.pdf
    http://www.scoop.it/t/sante-travail