Colère dans les EHPAD


    Le malaise d’une certaine partie du personnel travaillant dans les EHPAD n’est pas une nouveauté mais certains EHPAD semblent plus touchés que d’autres, au bord de la crise. Des grèves ont eu lieu qui ont alerté les politiques et le public sur les conditions de travail dégradées - voire dégradantes - mais aussi sur la maltraitance des personnes accueillies qui en découle.

    En septembre 2017, une communication de Mme Monique IBORRA, rapporteure de la mission « Flash » sur les EHPAD décrit des situations et un contexte qui réclament des mesures fortes et surtout rapides.

    Colère dans les EHPAD

    Le malaise d’une certaine partie du personnel travaillant dans les EHPAD n’est pas une nouveauté mais certains EHPAD semblent plus touchés que d’autres, au bord de la crise. Des grèves ont eu lieu qui ont alerté les politiques et le public sur les conditions de travail dégradées - voire dégradantes - mais aussi sur la maltraitance des personnes accueillies qui en découle.

    En septembre 2017, une communication de Mme Monique IBORRA, rapporteure de la mission « Flash » sur les EHPAD décrit des situations et un contexte qui réclament des mesures fortes et surtout rapides.

    Les constats de la mission portent d’abord sur une évolution de la population accueillie.
    Le profil des personnes accueillies par les EHPAD est différent de celui qu’il était il y a quelques années.
    Les personnes entrant ont en moyenne plus de 85 ans, et leur temps de séjour est en moyenne de deux ans et demi. Elles présentent des pathologies multiples, des complications de maladies chroniques, et souffrent pour certaines d’entre elles de troubles du comportement, notamment liés à la maladie d’Alzheimer
    Cette évolution a été traduite par les pouvoirs publics en un encadrement plus technocratique qu’efficace et un foisonnement des normes qui pèsent aujourd’hui sur les établissements, sans cependant leur donner les moyens de l’évolution nécessaire pour répondre aux besoins des personnes accueillies.

    Des sous-effectifs en personnel unanimement reconnus et des conditions de travail difficiles
    L’organisation du travail est en tension et peut être la source de dégradation importante des conditions d’exercice des métiers de soignants. Dans certains EHPAD, on parle de « maltraitance institutionnelle ». Une médicalisation des établissements nécessaire qui reste insuffisante et des recrutements difficiles à opérer semble un « cocktail » assez détonnant pour créer des situations de tensions, de conflits voire de violence.

    Une tarification de type « kafkaïen »
    La tarification est un sujet particulièrement épineux. Le législateur est intervenu en 2015 pour imposer à l’ensemble des gestionnaires d’EHPAD l’obligation de conclure un Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens (CPOM) avec les présidents des conseils départementaux et les directeurs généraux des ARS, en lieu et place des anciennes conventions tripartites. Ce document mériterait d’être simplifié pour être véritablement opérationnel.

    Un reste à charge important pour certaines catégories de la population doit faire l’objet d’une vigilance particulière sur l’exercice plein et entier par les départements de leur compétence de l’action sociale, dont ils sont chefs de file.

    Une proposition pour une 2ème étape au rapport : Une véritable mission d’observation des réalités de terrain
    Mettre en place une mission d’information parlementaire avec des visites sur le terrain uniquement, tournées vers l’observation des conditions de travail et de l’organisation des établissements. Il
    s’agira de travailler avec les professionnels sur l’adéquation des ressources humaines aux profils des résidents, pour parvenir à la publication de normes de personnel, soignant notamment, minimales
    par établissements (publics et privés).

    L’EHPAD pourrait évoluer vers une plateforme de services et de soins à domicile structurant les territoires, et combinant prise en charge en établissement, prise en charge à domicile, courts séjours transitoires ou permettant le « répit » des aidants, et rompant avec la logique du « tout établissement » ou du « tout domicile ». Des expérimentations sont ainsi en cours, entre autres dans les Hauts-de-Seine, pour développer des « EHPAD à domicile » permettant de rester chez soi tout en fournissant le niveau de service de l’EHPAD : portage de repas, blanchisserie, continuité des soins même la nuit, prise en charge de la fin de vie si nécessaire… L’EHPAD de demain, c’est aussi un EHPAD à l’heure du numérique, développant le recours à la télémédecine, à la domotique, aux objets connectés.

    A lire :

    COMMUNICATION DE Mme MONIQUE IBORRA, RAPPORTEURE DE LA MISSION « FLASH » SUR LES ÉTABLISSEMENTS D’HÉBERGEMENT POUR PERSONNES ÂGÉES DÉPENDANTES (EHPAD)
    http://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/commissions/CAffSoc/Mission_flash_EHPAD_communication_rapporteure_20170913.pdf